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TENDANCES AUTOMNE-HIVER 2008

MOELLEUX COCON

Le sacre de la doudoune…

La doudoune, ce truc matelassé rempli de plumes, ce ‘duvet à porter’ qui sert originellement à tenir chaud quand on grelotte à la montagne, sous la neige, bénéficie depuis quelques temps d’un revirement de situation radical. Relookée à bloc, elle débarque sur tous les podiums. La faute à qui? À Moncler… Décryptage par Charlotte Guillemin.

1952. Il était une fois une marque spécialisée dans la confection de tentes et sacs de couchage destinés aux aventuriers du froid qui partaient vaillamment toucher le ciel à 8 000 mètres d’altitude. Elle s’appelle Moncler, abréviation de Monestier de Clermont, petit village près de Grenoble où elle est née. La légende dit que les premières "doudounes", loin de ressembler aux seyants modèles que l’on a aujourd’hui sur le dos, furent improvisées pour les ouvriers de l’usine qui grelottaient de froid en travaillant.

2002. Virage à 8 000 degrés, Moncler est rachetée par l’italien Remo Ruffini, qui la secoue, la réveille, la "trendy-ise", la "pin-upise" et s’offre même le luxe de collaborations avec Nicolas Ghesquière, Junya Watanabe ou Fendi. Et Ruffini fait de la marque ce qu’elle est aujourd’hui : une ligne de doudounes divines (et tout ce qui en découle, pantalons, gants et moufles, bonnets et chapkas, bottines, sacs, on a même vu des modèles adaptés aux toutous), complètement addictives. La raison de cet engouement? Elles sont ultra-légères et pourtant ultra-chaudes, toutes douces et moelleuses avec leur intérieur bourré de plumes de canard (celles du cou, très exactement, la partie la plus chaude et soyeuse de l’animal) et "revêtues" de nylon laqué noir, le plus souvent, mais également joyeusement déclinées en rouge flashy, jaune poussin, turquoise ou vert canard, avec en option des capuches et cols de lapin ou, plus chic, de vison ou de phoque…

2007. La boutique parisienne de Moncler ouvre ses portes Faubourg Saint-Honoré. Et la foule se presse et se bouscule. Tout le monde veut acquérir sur le champ un modèle de la marque au coq tricolore, malgré un prix de départ avoisinant les 400 euros tout de même. Ce succès fulgurant va susciter l’intérêt des marques de luxe et des grandes maisons. La doudoune surgit comme par miracle sur les podiums, réinventée à toutes les sauces! On l’aperçoit en version micro et futuriste chez Ungaro, trench tout en zips chez Burberry Prorsum, blouson rock chez Sophia Kokosalaki, jaune fluo ultra-courte chez Dsquared2… À l’image du perfecto, du caban ou du duffle coat, la doudoune a intégré le sacro-saint cercle des vêtements cultes et intemporels.

2008. Lancée à fond sur la route du succès, Moncler nous surprend cet hiver à des tonnes de reprises. Ainsi, on veut absolument, et pour ne plus jamais la quitter, la "Longue Saison", doudoune pesant 160 petits grammes et ne dépassant pas 3 mm d’épaisseur. A porter toute l’année, l’été en veste et l’hiver sous le manteau, on court chez Colette acheter, s’il en reste, les modèles en édition limitée "Badia" et "Quincy", qui pour l’occasion tombent le nylon et s’habillent d’une sublime laine grise.
Mieux encore, on rêve de pouvoir s’offrir une des incroyables et sublimes pièces de la Gamme Rouge signée Giambattista Valli, la ligne couture de Moncler. Cette ligne de doudounes-bijoux répondent aux doux noms de "Marquise", "Archiduchesse" ou "Princesse" et sont entièrement réalisées à la main et parsemées de cristaux de Swarovski, brodées de satin ou incrustées de dentelle. On attend (im)patiemment, pour l’année prochaine, la Gamme Bleue, pendant masculin de la Gamme Rouge confiée au designer américain en vogue, Thom Browne…

2008bis. Moncler, on vient de le voir, a fait des émules et initié un formidable engouement pour la doudoune… qui n’est pas prêt de s’arrêter! On l’a aperçue cette année en version manches trois-quarts chez Paule Ka, sans manches à col géant chez 55DSL, à col en fourrure chez Guess, longue à capuche chez Max Mara, ou encore tubulaire, nacrée et à manches courtes chez Giles Deacon. Et on chuchote que, pour l’hiver prochain, Pyrenex, marque landaise leader du sac de couchage, serait en train de se refaire le même genre de beauté, avec, aux commandes, le créateur aux fameux nœuds pap’, le chouchou-adoré Alexis Mabille. Bref, on n’est pas prêtes d’avoir froid même si on en frissonne de plaisir!