TENDANCES AUTOMNE-HIVER 2008

LES MONTRES A AFFICHAGE DIGITAL

Entre complication et pied de nez à l’histoire.

Alors que dans les années 70, les montres à affichage digital annonçaient une guerre fratricide contre les montres mécaniques, aujourd’hui, elles cohabitent sans problème et certaines d’entres elles représentent même, à la grande surprise de tous, une superbe complication mécanique… Décryptage par Raphaël Moulin.

C’est vrai qu’avant 1969, date de création de la première montre à quartz (Lip), le débat était relativement simple: l’horlogerie était constituée des mouvements mécaniques à remontage manuels ou automatiques. Mais voilà que sont lancées sur le marché non seulement le quartz (qui introduisait une pile en lieu et place de notre cher barillet), mais « pire encore » diront certains amateurs de belle mécanique horlogère, les montres électroniques à affichage digital qui avaient perdu toute espèce de lien avec les premières montres bracelet du début du siècle de Louis Cartier.
Mais ces élucubrations n’ont plus de sens aujourd’hui : chaque parti a su trouver sa place dans le marché. L’horlogerie mécanique se porte à merveille, le quartz et les montres à affichage digital aussi et chacun produit de très beaux garde-temps. Mais force est de constater que les montres à affichage digital souvent au design seventies ont le vent en poupe.
Mais la Haute Horlogerie reste inévitablement le lot des montres mécaniques et c’est justement là qu’un nouvel élément fait son apparition : les montres mécaniques à affichage digital !
Un premier projet revient à Matthew Wagerfield avec sa Sentio. Cette montre aux allures résolument fashion n’est pas un gadget, puisqu’elle permet de lire l’heure aux non-voyants et aux personnes qui souhaitent regarder l’heure en réunion discrètement ! Le principe est que le cadran lui-même dessine les heures et les minutes à la demande. Les petits bâtons qui constituent les chiffres peuvent se soulever d’un petit millimètre pour que les chiffres se forment. Le projet est en passe d’aboutir.
Il est inévitable de citer l’Opus 8 d’Harry Winston. Et pour ce huitième opus, c’est Frédéric Garinaud qui a créé un affichage purement digital, avec un design Pop Art 70’s, le tout mis en mouvement par une mécanique à remontage manuel. Affichage à la demande pendant cinq secondes à chaque fois. Très réussi !
Et la palme du délire et de la beauté horlogère revient au génial Fawaz Gruosi, le président de Grisogono, qui nous livre la Meccanico DG. Deux fuseaux horaires, digital et analogique mais mécanique à remontage manuel! Un peu sur le même principe que la Sentio mais fonctionne en permanence sur un système de 651 pièces qui activent des cames rotatives qui elles-mêmes forment les heures et les minutes. Et là, les amateurs de Haute Horlogerie qui ont un pied avant-gardiste apprécieront !